Bon donc Master 1 c'est pas trop difficile à cerner. Mais la géographie, c'est une discipline extrêmement large : j'aurais pu prendre le côté sciences physiques et faire un mémoire de géomorpholgie, un truc qui aurait ressemblé à ça :

À lʼexclusion des roches ophitiques, des grès sommitaux, des marnes blanches à silex, des marnes miocènes et des
formations alluviales, constituant les abords du massif, les roches dominantes sont meubles et riches en matériaux
particulièrement solubles. Les déformations internes de type fluage révèlent des phénomènes de glissement en masse ;
mais des cristaux de gypse automorphes de taille pluricentimétrique, sans orientation préférentielle, appartiennent
probablement à la dernière génération de gypses (Asebriy, 1983). Ces roches tendres, regroupant les marnes triasiques
(argiles gypso-salifères du complexe triasique) et les marnes crétacées plus tendres, sont très sensibles à lʼérosion
et affectées par des mouvements de masse. Ces formations (figure 3) sont constituées des évaporites, dʼargiles rouges
très gypsifères, dʼargiles vertes, des marnes rouges et dʼophites altérés, emballés dans une matrice fine des argiles
bariolées triasiques (Dupond et al., 1938; Sebbag, 1957 et Jeannette, 1957).

...Étonnant, non ?
Ou alors, j'aurais pu prendre le côté urbanisme/développement durable/aménagement/logistique, histoire d'avoir un vrai métier au bout. Mais non, moi ce que j'aime c'est croiser les sciences sociales et comme je veux être prof, j'm'en fiche qu'il y ait pas d'autre débouchés.
Donc j'ai pris le Master «Culture, Patrimoine et Politique», un truc un peu fourre-tout avec, entre autres, de la géographie culturelle.

Alors la géographie culturelle, c'est quoi ? Une culture, déjà, on a du mal à définir ce que c'est exactement, ce qu'on met dedans, où ça s'arrête et comment ça se comporte à travers le temps et les frontières. Or malgré ce flou, c'est un concept qu'on retrouve très souvent, y compris en politique où elle sert à justifier des choses autrement plus graves que de pures controverses universitaires. Depuis la fin des années 1960, notamment sous l'influence de chercheurs marxistes d'une part, féministes ou originaires des ex-colonies britanniques d'autres part, les sciences sociales se sont dit que la définition d'une culture, c'était un enjeu de pouvoir en soi, pas une substance immuable mais le fruit de luttes de sens entre des acteurs biens situés. La géographie culturelle se donne donc pour objet de décrypter comment le contenu de ce terme est défini localement, au prix de quelles négociations, entre quels groupes, etc...
Bon cette définition prétend pas être la panacée, mais pour l'instant j'en suis là dans ma démarche. On verra comment ça évolue.

En tant qu'étudiant «affilié» ici à l'UCL, je peux choisir mes cours dans tous ceux proposés aux Britanniques en Licence, et pas seulement à l'UFR de géographie. Donc cette année, je vais étudier :

  • l'économie de services et le développement régional ; bon ça c'est le moins bien, trop abstrait pour de la géographie, pas assez approfondi pour de l'économie
  • le développement régional dans le contexte de la mondialisation ; han, le prof il fait rien qu'à avoir un accent autrichien terrible 8-O
  • les interactions entre la société et son espace ; comment l'un modèle l'autre et vice-versa, les Anglo-saxons ont la même dialectique que nous
  • la distinction entre nature et culture ; parce que si on décide que la culture c'est un truc immuable, c'est quoi la différence avec le naturalisme à la Hegel ?
  • la géographie de Londres ; pour avoir des exemples locaux
  • l'anthropologie de la consommation de masse ; ici ils ont pas de socio, mais un UFR d'anthropologie
Voilà, tout ça me fait... 6 à 7 heures de cours par semaine. T'as vu Alexis, chuis même pas jaloux. 8-)

Le reste du temps je me tourne pas les pouces quand même, puisque je dois rendre un mémoire à mon directeur de maîtrise en France en Juin, comme n'importe quel étudiant de Master 1. Et comme il faut décider d'un champ d'intérêt, ce sera sur les rapports entre culture et consommation. D'où le choix de cours.
L'avantage, c'est que ça me permet de croiser pas mal de sciences sociales (géo bien sûr, socio, éco, sciences po, histoire...), et ça j'aime !

Pour l'instant je vais au cours et je fais des lectures sur mon sujet, en attendant de choisir un objet d'études concret à observer un peu systématiquement. Promis Karen, quand je saurai comment je donnerai des nouvelles. ;-)