• Erasme, c'est le monsieur qui a donné son nom aux accords Erasmus qui me permettent de passer enfin une année dans un pays anglophone. J'ai pas de biographie beaucoup plus précise que celle-là (je suppose que je pouvais pas faire un blog sur une année à l'étranger sans faire référence au moins une fois à l'Auberge espagnole... Mais juré, moi j'avais envie de partir avant de connaître ce film ! Et en plus le passage sur l'administration ne me fait même plus rire, pour l'avoir vécu au mot près plein de fois, OK OK je la ferme cette parenthèse).
  • Bentham (Jeremy, Erasme a pas de prénom parce qu'à son époque ça avait pas encore été inventé) c'est un philosophe utilitariste du XVIIIème, figure tutélaire de l'UCL qu'on nous ressort aussi souvent que Blaise Pascal dans le lycée clermontois du même nom. Notons que le monsieur a émis le souhait que son corps soit conservé et exposé pour toujours dans la fac. Charmant non ?
Pourquoi associer Erasme et Bentham ? Parce que j'ai l'impression que dans une année Erasmus il y a deux expériences distinctes. La première c'est d'aller à l'étranger, et la deuxième c'est d'y aller avec des étrangers.

Aujourd'hui j'ai fait une excursion à Oxford avec un groupe de copains allemands, néerlandais et belges, eux aussi en Erasmus. On a visité la ville en parfaits touristes, on a discuté expressions typiquement nationales, façons de manger (tous des barbares, maintenant je sais que je pourrai jamais m'installer que dans un pays latin 8-) ), code de la route comparé... On a fait une belle balade dans un ville anglaise, mais on a surtout parlé de nos pays respectifs, et si on parlait d'un truc local c'était toujours «de l'extérieur».
Avec les Anglo-saxons du club de débats, de la résidence ou des cours, le type de discussions est différent, je parle avec des gens qui sont «à l'intérieur» et je découvre vraiment les façons de voir britanniques. Et quand je me balade seul hors des quartiers touristiques et/ou commerçants je fais partie du décor.
Je le dis sûrement de manière trop abstraite, mais c'est deux ambiances vraiment différentes. L'expérience Erasmus, j'imagine sans mal que c'est exactement la même pour Anaïs, Eliza, Julie, Pierre, Rachel... C'est ce dont parle l'Auberge espagnole, un truc collectif entre bouts d'horizons variés. L'expérience britannique, c'est parce que je suis à Londres et que je cherche «ce que ça change». C'est plus une affaire personnelle, ou plus exactement une affaire entre moi et un tout déjà constitué.
Il est pas question de savoir si l'une est plus intéressante ou importante que l'autre, en tous cas moi j'adore les deux et je compte bien les pousser toutes les deux à fond. Je donne une main à Erasme et l'autre à Bentham.

Voilà, je sais pas si l'idée est bien passée, mais c'est un truc que je trainais depuis un petit moment, et que la sortie d'aujourd'hui a amené à maturité.